Bernard Friot. « Passer de 500 à 1 000 milliards de cotisations »


friot-huma-2-janvier-2017
Le capital mondialisé joue à son gré de la localisation et des finalités de l’appareil productif. Pour mettre en échec cette folie, toutes les entreprises doivent devenir la propriété de la nation et les travailleurs, dotés d’un salaire à la qualification lié à leur personne et non pas à leur entreprise, pourront y exercer réellement les responsabilités de copropriétaires d’usage.
Ce projet peut devenir très populaire en utilisant l’outil de la cotisation.

Doublons la collecte de cotisations, qui passeraient des 500 milliards actuels à 1 000 milliards (soit les trois quarts de la valeur ajoutée marchande). Le coût supplémentaire pour les entreprises marchandes serait compensé par l’annulation, pour le même montant, de leurs dettes d’investissement et des dividendes. Cette opération blanche commencera d’assécher l’accumulation du capital par les prêteurs et les actionnaires. Et elle créera un levier considérable d’appropriation populaire de l’outil de travail. Comment ?

D’une part, 250 milliards (cotisation de 20 % de la valeur ajoutée de chaque entreprise marchande) iraient à des caisses d’investissement, gérées par les seuls travailleurs, à créer à la place des banques. Elles subventionneront l’investissement des entreprises à condition que celles-ci deviennent la propriété de la nation et la copropriété d’usage de leurs salariés, condition mise également à l’accès aux marchés publics.

D’autre part, 250 milliards (seconde cotisation de 20 % de la VA) iraient à des caisses des salaires, gérées par les seuls travailleurs, pour généraliser le salaire à vie dans toute entreprise dont le personnel déciderait d’en devenir propriétaire d’usage en la remettant à la nation.

Ce salaire à vie, compris entre un plancher de 1 500 euros net et un plafond de 6 000 euros, garantira la capacité de décision de chacun dans son entreprise et dans les instances de coordination de la production, qu’elle soit marchande ou non marchande.

Rendre populaire la maîtrise d’une part suffisante de la valeur pour l’affecter à une production communiste libérée du capital, c’est renouer avec l’ambition nationale.

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